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LA CHARTE D'AMIENS

Charte Amiens



La CGT-FO se réfère à la Charte d’Amiens,
le symbole de l’indépendance du syndicalisme par rapport au politique.

Votée le 13 octobre 1906 lors du IXe congrès de la CGT, la Charte d’Amiens est une véritable déclaration des droits du syndicaliste et du citoyen. Elle proclame hautement l’indépendance du syndicat par rapport à  l’État oppresseur, au patronat exploiteur et à l’ensemble des partis politiques. Pour Victor Griffuelhes (1874-1923), secrétaire général de la CGT de 1901 à 1909 :  Le syndicalisme est le mouvement de la classe ouvrière qui veut parvenir à la pleine possession de ses droits sur l’usine et sur l’atelier.

Cette charte est une des spécificités du syndicalisme français. Elle est la résultante d’une longue réflexion théorique et pratique du mouvement ouvrier français. Elle est la résultante aussi des vifs débats entre le syndicalisme révolutionnaire et d’autres courants qui souhaitaient faire du syndicalisme la courroie de transmission de leur ambition politique. Sur ordre de Lénine, le PCF le fera ouvertement dès 1921 avec la création de la CGTU.

Nombre de travailleurs vont rejoindre l’idée d’indépendance du mouvement syndical face au politique en voyant ce qui se passe en Angleterre et en Allemagne. Les deux centrales syndicales y sont totalement inféodées, au Labour Party à Londres et au Parti social-démocrate d’Allemagne à Berlin. Or ces derniers se déchirent régulièrement en lutte de tendances, ce qui nuit à l’action syndicale à la base.

 

Le IXe congrès d’Amiens

Le congrès s’ouvre à Amiens, ville ouvrière de Picardie, dans un climat lourd du deuil de la catastrophe de Courrières survenue six mois plus tôt, où 1 100 mineurs ont trouvé la mort. Le 8 octobre, premier jour du congrès, le guesdiste

Victor Renard dépose une motion visant à établir une collaboration entre la CGT et la SFIO, créée l’année précédente. Elle est rejetée par 736 voix contre 34, et 37 abstentions. Le 13 octobre, Griffuelhes propose une motion radicalement inverse, qui est adoptée par 834 voix, 8 contre et une abstention.  Le congrès confirme donc l’article 2 constitutif de la CGT : la CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat. Il indique aussi, entre autres, qu’il préconise comme moyen d’action la grève générale. L’article 2 est une déclaration marquante. Elle est en effet, souligne le congrès, une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielle que morale, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière. Quant à la liberté d’opinion… Le Congrès affirme l’entière liberté, pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors.

 

La Charte d’Amiens

Le Congrès confédéral d’Amiens confirme l’article 2, constitutif de la CGT : « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat. »

Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe, qui oppose sur le terrain économique les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière.

Le Congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique :

  • Dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc.
  • Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme : il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale.

Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait, à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat.

Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l’entière liberté pour le syndiqué de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors.

En ce qui concerne les organisations, le Congrès déclare qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale.

 

   

Déclaration de Victor Griffuelhes à Amiens


Nous eûmes l’ambition de réaliser sur le terrain économique l’unité concrète de la classe ouvrière : plus de jauressistes, de guesdistes, d’allemanistes, d’anarchistes, rien que des syndicalistes marchant réconciliés au même combat de classe.

 

 

 

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